17 mai 2008
Mai 68
Mai 2008
Les pavés ont changé
Les cockails Molotov aussi...
Et désormais tout ce qui demeure de l'esprit rebelle
Tient dans le creux de la main, comme un peu de gel
05 mai 2008
Je sais
Je sais, on va me dire
Que c’est à contrejour
Et je vais répondre
C’est seulement à contre-toi.
Comme-ça, deux petits cœurs de pigeons en noir et blanc,
Et un fond de train traversant le masque des nuages.
02 mai 2008
Pensée du jour
Faire le tour du Monde... Pourquoi pas?
Et pour commencer, je vais manger mon petit beurre par les quatre coins.
01 mai 2008
Dieppe port de galets
J'écoute les vagues une par une, les yeux fermés
j'entends le cri de la mouette sur celui de la voiture qui freine à mort
j'entends le glissement progressif de la porte automatique sous celui de ta jupe
j'entends le carillon de l'église qui vient du large.
Dieppe, port de galets
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Tout ce qui couche la nuit
Et gémit dans un peu de lit
Encourage l’existence d’un monde progressif
Qui avance d’autant qu’il ne sait jamais
Qu’il recule au même moment
Faire l’amour laisse sourire les baromètres
La caresse m’apprend le début du chemin
Et la balançoire promène la courbe des récréations
Dans un monde où la vague
Est la reine des rubans
Tout ce qui est tortueux n’a pas
Forcément souffert avant.
Regarde mes cheveux autour de ton doigt !
Je ne te demande pas ta main
Je l’échange avec la mienne
Tout ce qui est ouvert est un baiser
Même l’hypermarché.
Il est grand temps de corriger ici une erreur
En vérité ce sont nos pas qui font tourner
La terre.
Que savons-nous de Boris Pasmonkov?
Procès verbal d’audition
Le commissaire du peuple :
- Boris Pasmonkov… qui êtes vous ?
- Moi …
- Quelles sont vos origines ?
- Pasmonkov, Pas-mon-kov, trois syllabes comme dans samovar, sa-mo-var !
- Quel est votre fond culturel ?
- J’ai lu, je crois : docteur Jivago, un héros de notre temps dont je connais quelques passages par cœur et une fois et demie, Lolita.
- Où demeurez-vous présentement ?
- Je suis domicilié à Pénateville, une préfecture française que les larmes rassemblées des groupies d’Arthur ont transformé en cité lacustre.
- Votre profession de foi s’il vous plait ?
- Je ne crois pas en Dieu mais en l’Insidieux. Je ne suis pas parano mais mon chien qui me suit partout s’appelle cookies. Je ne crois pas davantage aux sirènes, mais je prends quand même toutes les vagues en photo. J’aime les femmes et je suis gratuit. On est venu m’interpeller un jour parce que je roulais des feuilles mortes dont le poids en grammes était supérieur à celui de la conscience collective.
- Et sexuellement ?
- Je suis le genre de mec qui donne satisfaction une fois et qu’on ne revoit plus.
- Comment pouvez-vous l’expliquer ?
- Peut-être parce que j’ai du sel sous les bras.
- La poésie vous y croyez vraiment ?
- J’ai commencé à croire en la poésie, le jour où j’ai vu homme déjà connu de moi-même pour son caractère atrabilaire et la minutie de sa mauvaise humeur, sortir des toilettes d’un café poursuivi par un arc-en ciel natif de la cuvette des WC.
- Votre conclusion ?
- Plus rien ne m’arrêtera (j’ai toujours rêvé de dire cela dans un commissariat), sauf ma mort consentie ou volontaire.
Le commissaire me tend une cigarette qui ne me dit rien.
S’agit-il ici du passage à tabac d’un témoin ?
Boris Pasmonkov, poète russe inachevé ( 1960-20..)
Finalement je me ravise, je ressemblais davantage à un setter irlandais
Que savions-nous de Boris Pasmonkov ?
Moi c’était
Pilote que j’attendais tous les mardis midi à la place du passager,
Rigodon avec les Bidochon.
Le club des cinq avec ma première main.
Aurore au doigt de rose dans Pénélope.
Mayerling qui rime avec Riesling.
Un petit cigare pour faire mes devoirs.
Le décolleté de la prof au jeu des mille borgnes.
Des catadioptres en aluminium sur les plaques de chocolat côte d’or.
La bougie torsadée qui sent le moka.
Le baba au rhum interdit aux mineurs.
Jamais de bonbecs sans les cachous au domino.
La petite à l’échelle au dessus de moi.
Le pouce retourné dans le foin.
La jeune fille nue au lit picot : petite lisière de Marie-Claire.
La fête bavaroise où je me saoule au mousseux.
Les histoires sans paroles avec les filles.
L’odeur du camphre dans les vestiaires de rugby.
L’avalanche de profiteroles à Andermatt.
Le vol des briquets en onyx à Carrare.
La première étoile montante à 17 ans à Pigalle
Et
Cette lamelle de verre qui coupe le doigt à trois ans
Pour faire entrer tous ces souvenirs
Que je remonte comme je peux.
Chérie j'ai les yeux tendres
si tu savais... dans l'acier.
Je viens d'écrire ma bio à la craie
Et je pars me laver les mains.
SMS XXL
Sorti fatigué du lit, je promène petitement
Un matin férié. Un chien marin qui ne pisse
Jamais à contrevent. Une femme mariée qui
Ne fait jamais rien à contresens. Une libérale
Qui parle aux gens qui chantent sous la douche
Avec des lèvres de saphiques. Un bouquet
Discret arrive livré à pas de gueules de loup.
Taille trente deux pour le sourire.
Le croissant efface sa lune, j’écoute le carillon
Du ruisseau. J’écris un néon en ligne blanche.
Je regarde Télé-gramme : la chaîne qui ne pèse pas lourd.
Il faut vivre sans pétrole pour la parole,
Sans larmes parfumées à l’avance. Et parfois
Subir des dimanches sans tarte au sucre.
Un griffon m’inspire pour trois minutes
Comme un œuf coque.
Le Luxembourg
Une demi-heure au Luxembourg sur une chaise kaki pour prendre des couleurs...
Mais qui sont ces buvards?
Je sème un haiku dans une chaussure de sport dégoûtée et je jette un peu de pain pour les pigeons dans une poubelle.
Requin des feuilles de marronniers
Descente du chignon crème sur des jambes croisées
Fiscalité pratique 2008
Mojito
Souvent je suis distrait, au point de demeurer une semaine entière avec une feuille de menthe entre les dents, et me prendre ainsi par erreur pour un homme nouveau.
Et le temps c'était des bulles de limonade au lieu de toute ma vie sous une montre...










