03 octobre 2008
J’ai passé de longues journées, plus longues que les vôtres à traîner ma vacuité dans des bistrots pour l’envelopper d’une fine pellicule où la réalité du lieu frissonnait avec mon état liquide, démembré presque dénoyauté. Ces jours-là, je quittais mon chez moi parce que je refusais d’écrire. Je préférais de loin la rumeur des gens, le bruissement insipides des conversations où je n’étais que rarement mêlé, qu’une confrontation directe avec une page blanche vertigineuse, sans doute est-ce à l’écoute des gens bien vivants que je renouvelle mon inspiration, ressuscite cette peau morte qu’un abus de lecture déforme, je n’écris pas finalement, je tatoue des pages, je dispose des mots pour décalquer des impressions fugaces mais vives. Ma mémoire concentrique me sauvera toujours. Je me reporte sur les lignes.
Le matin assez fréquemment, je participe à l’état brut de la poésie en contemplant un trou de ma chaussette remplie d’orteils. La camarde interviendra avant la ravaudeuse.
Mon arrivée sur terre ? Je ne sais plus exactement : un été sec où des abeilles ont pu mourir de chaleur parce que la transpiration des hommes s’apparentait au miel des fleurs, ou bien alors
Elle est ce jour où j’ai sorti une nymphette de ces socquettes
Elle est ce jour de la découverte de la densité par un apprenti écrivain
Elle est ce jour où j’ai planté mes premières tomates dans le jardin
Elle est ce jour où elle parlait encore aux cigarettes du bout des lèvres
Elle est ce jour où la confiture à la fraise est arrivée sur les tranches de brioche avec un petit peu de beurre interposé
Elle est ce jour où j’ai entamé la deuxième lecture de Tortilla-flat avec déjà un goût de vin dans la bouche.
Elle est ce jour où j’ai vu deux pygmées manger une choucroute gare de l’est
Elle est cette année où la litorne s’est définitivement arrêtée chez nous.
Mais me le direz vous… Qui êtes vous à la fin ?
Je suis un ange déchu, j’essaie de remonter au ciel avec un cerf-volant.
29 septembre 2008
Les petits métiers
J’ai tout fait dans ma vie, tous les petits métiers inconnus possibles, ainsi tour à tour j’ai exercé mes minces talents comme :
Enlumineur de cornets de frites, chef décorateur en gare de triage, dératiseur de l’Opéra, gommeur de lassitude, remueur de tisane, aboyeur de prose, percepteur de rimes, gladiateur d’éprouvette, négociant en câlins, narrateur en carton, désosseur de bambins, psychologue de sommier, colorieur de confettis, rouleur de mots, passeur de rêves, dompteur de grenouilles, rénovateur d’expression, jongleur de dictionnaires, entremetteur zoologique, artiste de location, tête de lard internationale, illusionniste intérimaire, plouc diplomatique, épousseteur de seins, chasseur de libellules, critique en danse du ventre, mari élastique, précepteur de rats, compteur d’échardes, exorciseur de papes, épongeur de fronts, concessionnaire d’appareils dentaires, souleveur de tapis, broussard folklorique, affairiste intime, écorneur de nonnes, ponceur d’angles droits, plombier de bénitier, souffleur de bougies, géomètre libertin, bordeur de lit, écarteur de lèvres, révolutionnaire en hamac, placeur dans le désert, nomade de baignoire, biseauteur de crâne, spéléologue de jupons, casseur de nez, querelleur de pots de chambre, grand réanimateur officiel, arrangeur de cordes vocales, remonteur de bretelles à la sauvette… et médiateur canin.
Mais aujourd’hui je suis fatigué donc grand déconneur…
23 septembre 2008

Ne pas oublier que j'ai pu être un photographe de cerises hors saison.
21 septembre 2008

16 septembre 2008
Ma dernière radioscopie

Le monde est saumon, ne pas se méprendre surtout, il n’est pas vieux rose, vraiment il est saumon… tu remontes le courant ou tu te laisses aller le ventre à l’air, ballotté par les évènements, mais si tu n’as jamais bien observé le désoeuvrement des pères de famille sous les paniers de basket le dimanche matin, mal rasés, tu ne peux pas forcément comprendre.
Mon coeur bat dans mes gencives comme ton Ricil s’évade la nuit.
Un matin froid comme un pistolet.
Une journée effroyable où l’on a pu jeter deux Efferalgan dans la cuvette des toilettes pour y mettre un peu d’effervescence.
Chez nous, c’est encore comme ça, quand le voisin scie du bois, on n’entend plus le facteur arriver sur sa mobylette, et on va jeter des mégots de blondes aux poules pour qu’elles croient que ce sont des grains de mais.
Moi c’est différent, chaque semaine, on me retire deux onces d’or de dessous les ongles.
Je surnage.
25 août 2008
...
Donc chaque matin j'écris un peu...
Voici l'enveloppe où je glisse mon courrier.
09 août 2008
Choses vues et tranches de vies
Vu ce dimanche, un avocat en robe de chambre qui de bon matin astiquait sa plaque professionnelle, faisant briller son patronyme en laiton avec son haleine de péroreur et un chiffon doux entre les deux noms de ses meilleurs associés.
Vu ce matin, une grande et longue femme avec des cuisses plantées dans des bottes blanches mais une gueule malheureuse qui était encore loin du paradis.
Vu des personnes si maigres se tirer dessus avec des gros mots et une femme se déclarer très sûre d’elle alors que finalement elle n’était qu’amère sous les bras.
Vu un gnome dépressif tracté par un doberman dont le poids du jour dépassait dorénavant le sien, bonnet inclus.
Vu, Deux adolescentes de 15ans s’embrasser sous la pluie et un homme avec de la cellulite, assis dans un abribus les regarder tendrement en mangeant des dragées.
Où étais-je alors ? J’étais dans ma voiture derrière un pare-brise essuyé par une image.
Vu trois voyageurs de commerce qui repliaient en même temps leur petite note de frais devant le comptoir du restaurant, l’impression d’un envol de papillons imminent.
05 juillet 2008
Chaque matin
Chaque matin, j'écris un peu...
15 juin 2008
Ecrit sous....
Notre relation est ainsi faite, les mots et moi
que parfois on s'évite, parfois on s'édite.





