03 octobre 2008

J’arrivai à la caisse de la librairie avec un petit opuscule entre les doigts et j’attendais mon tour derrière une jolie femme qui d’un geste mille fois connu, repoussa en arrière du revers de ses deux mains ses cheveux longs sur ses épaules, puis de suite tira prudemment sur le col de son gilet pour couvrir son buste exorbité. Je fus de suite en harmonie spirituelle avec ce geste car même si je n’aurais échangé mon point de vue pour rien au monde, un peu plus de décolleté visible se serait avéré écoeurant, toutefois au moment de payer, elle fit part d’un orgasme macro économique à la volée de clients présents en demandant tendrement qu’on lui ressorte la TVA.
23 septembre 2008
Le marcheur

28 juin 2008
Autoportrait au radiateur. Christian Bobin
Les voyelles sont plus soyeuses que le vouvoiement.
J’avais oublié ce livre, pourtant je l’ai plusieurs fois remué, même accroché, pointé un jour dans une forêt sur un tronc d’arbre, à l’ombre d’une visière pour une photographie d’écorces. Peut-être que l’ombre projeté sur les pages me l’a fait oublié, de même façon qu’on ne se rend jamais compte que l’on a une fourmi dans l’oreille sitôt que l’on déjeune de tartines à la confiture de framboise.
Ce doit être une excuse que je formule en ce moment. Il porte sur lui ce qu'il contient: une odeur d'humus, de feuilles mortes enchantées et les couleurs bariolées des tulipes qui n'ont jamais été jouées au poker. Il faudrait en faire une lecture nationale.
Je le reprends et les journées passent sous mon pouce, calendrier un peu moite, une perforation en haut de page, la lumière passe aussi et revient à son tour se prendre, chaque jour dénoue les lignes :
Je cherche un petit bar ténu
Avec une portion de parasol,
Des tasses que l’on tient d’un seul doigt,
Servies par une fourmi aux jupes folles
En sucre,
Imprimées sur des feuilles d’orties.
- Tu réfléchis ?
- Non… je pense à sourire.
On n’a jamais rien écrit avec des mégots sur le bitume. Et de toute façon, il pleut déjà sur nos seules gueules.
21 juin 2008
Charles Baudelaire
Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
Le navire glissant sur les gouffres amers.
A peine les ont-ils déposés sur les planches,
Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
Comme des avirons traîner à côté d'eux.
Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule!
Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid!
L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait!
Le Poète est semblable au prince des nuées
Qui hante la tempête et se rit de l'archer;
Exilé sur le sol au milieu des huées,
Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.
20 avril 2008
Bénotman
Avril, ma tondeuse tourne toute seule pendant que je lis Bénotman.
Fera-t-elle les bordures également ?
J’ai déjà lu cet auteur et je le lis encore, il y a quelque chose chez ce proscrit, une densité qui trahit le genre et ses défauts habituels, une épaisseur, une couche de crédibilité qui épuise la réalité, les situations sont exactes et le propos est brut quand il faut et bien taillé aux moments délicats pour devenir de la littérature, cette petite différence qui me fait apprécier la lecture des bouquins davantage que celle des articles des journaux.
La grande littérature nécessite du talent et du vécu, je confirme leurs présences sur ces pages.
La matière et l’envie sont réunis de bout en bout, ce compromis devient rare pour les publications récentes.
Auteur à suivre…
Je cite :
- Mon petit ? il a été entrainé, votre Honneur…
- On dit » Monsieur le Président » et non « votre Honneur » s’il vous plait… Quant à votre petit-fils, vous m’excuserez Madame, il est tout seul dans cette affaire.
- C’est le Diable qui l’a entrainé, votre Honneur !
Compression
07 avril 2008
La bibliothèque idéale (5)
Voyage au bout de la nuit
Un stage effervescent
A lire absolument ce recueil de nouvelles, des pages sublimes entre Marcel Aymé et l'Efferalgan des hypocondriaques. Un style soigné, biseauté, pourléché comme les timbre-poste des meilleurs crûs.
06 avril 2008
La bibliothèque idéale (4)
Les oeuvres complètes de...







