16 décembre 2008
Haikus Tapinois
Une fille qui paye le lit après le restaurant
Et qui vous dit ensuite
Qu’elle a des ennuis avec son corps aujourd’hui
Une bouche qui fut peut être un trèfle à quatre feuilles
Si je perds ma main un jour que ce soit dans un col de fourrure
Quand tout le décor sera fané
Parfois les pêcheurs au bord de l’eau allument un feu
Pour fumer le saumon
Qu’ils n’ont pas encore pêché.
Nos petites maisons cachées derrière des tas de bois
Fondent en hiver dans les cheminées
Quand la neige remplace les toits.
15 décembre 2008
Mon petit billet
Je ne sais pas s'il s'agit d'un calcul d'intérêts particuliers mais il me semble que les escroqueries en bourse et les faillites des banques américaines sont portées à notre connaissance, seulement quand le cours du dollar remonte par rapport à celui de l'euro.
Je ne voudrais pas influer sur le cours du lingot de foie gras en cette période de fêtes mais je me demande par voie de conséquence, si tout le système bancaire n'est pas basé à son tour sur cette construction pyramidale qui consiste à rembourser autant que l'on peut sur les dépôts fraichement réalisés. Déjà que l’économie de marché évolue parfois dans des directions qui ne sont pas portées à notre perception puisque désormais pour exercer l’honorable profession d’épicier en Corrèze et que l’on ne peut dispenser des grandes marques auprès de sa clientèle, on est cauteleusement gratifié de «cellule invisible ».
Aussi de ce pas et pour tester mon établissement financier -le Crédit Radicole - me rends-je auprès de lui afin de faire coter au plus tôt mon argenterie (cuillers, fourchettes, couteaux, scalpels) et me propose de faire monter les ronds de serviettes nominatifs en pendentifs à toutes fins utiles pour les bals de la Saint Sylvestre.
Qu'on le propage dans le Landerneau!
22 novembre 2008
...
J’ai arraché de multiples dernières pages, j’ai ensuite vendu mes livres à quelqu’un qui en achetait beaucoup mais n’en lisait jamais, j’ai touché mon argent, pris un long bain chaud, me suis coiffé en brosse comme pour un come-back impossible et puis avec les billets, j’ai acheté un bonnet, une paire de lunettes de plongée, une bombe lacrymo et j’ai changé de vie, suis passé sous les ponts quand les porte-monnaie ne payaient plus les chambres d’hôtels.
Un peu paumé...
Heureusement j’ai des balafres
Celle du bord du chapeau sur l’oreille
Et puis une autre sur la lèvre
A cause du steak tartare.
Parfois je me suis désigné du bout des doigts ainsi
Comme sur une carte.
Ceux qui me connaissent me parleront de la boursouflure de la crème brûlée,
Mais il s’agit sans doute de mon ultime étincelle.
Etoile au caramel.
15 novembre 2008
Des journées bues avec une paille…
Quand je n’ai plus d’inspiration : je m’épile,
Ainsi je ne perds rien à m’attendre.
L'impression de faire une réussite quand je l'embrasse.
14 novembre 2008
La main qui plane
Est une pente
Qui cherche un corps.
Le chat qui dort
Ronfle sur son coffre-fort:
Une couette de plumes d’oie.
08 novembre 2008
Elle m'a dit : "A demain... mais je ne sais pas quel jour."
01 novembre 2008
Petite vacherie
Je la regardais depuis longtemps
Et je ne savais toujours pas,
Si elle était enceinte
Ou bien s'il s'agissait d'une prise d'otage.
29 octobre 2008
Ce matin
Ce matin, j’ai vu
Maxime avec Charlotte
Sur un tapis roulant
Ce matin, j’ai vu
Maxime Le Forestier avec une grande Charlotte aux poires
Sur un tapis roulant
« Restons amants »
Pour 32 euros de sentiments
Sur un tapis roulant.
Trop de brouillard ce matin, j'annule tous mes rendez-vous, mon grain de sel rouillé et à la recherche d'un certain style de vie.
22 octobre 2008
Que faire la nuit quand on ne dort plus? Passer le doigt sur un chiffon à poussière, extraire une poésie verticale de Juarroz et la réciter à haute voix comme une prière:
Une fleur sous la pluie
Semble une pensée plongée dans l’eau.
Quelque chose détonne.
Comme dans un moignon qui imite une caresse
Ou une main ouverte de fange
Qui tente d’essuyer une larme.
Peut-être sommes nous à l’intérieur d’un système
Qui a besoin de se tromper.
puis j'ai retrouvé mon coup de crayon par en dessous:
Un baiser ou du porte à porte
C’est un peu pareil,
Je caresse mes mots comme d’anciens vêtements fripés,
Ce que je retiens du bord de la manche.
Je vous salue Marie...
03 octobre 2008
Le journal d'une racine

Derrière une porte, j'ai trouvé ce petit mot:
J’écris dans le noir pour ne pas être obligée de me relire, quand mes gencives sont au bord du sang.
La plus grande réussite de ma vie fut de pouvoir embrasser des personnes qui se situent très loin de mes idées : on se voyait sans façon
Je me présente en quelque sorte comme une parvenue du baiser, sous la lèvre la dent.
